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Les violences sexuelles que j'ai subies (version fr)

  • Photo du rédacteur: CSF
    CSF
  • 3 sept. 2020
  • 3 min de lecture

Auteure : Endur

Traduction : Su

Correction : Véronique


J'ai été harcelée sexuellement par des camarades de classe à l'école primaire. J'ai été agressée par un professeur de piano au collège. J'ai été suivie par des pervers au lycée et subi un harcèlement sexuel continu dans les transports en commun. Je n’oublierai jamais ces mains qui ont soudainement touché ma poitrine et mes fesses. Je n’oublierai jamais ce visage gonflé qui se frottait contre moi et ce corps gros qui me pressait. Je n’oublierai jamais non plus ces phrases que les hommes considèrent comme des blagues et qu’ils utilisent pour montrer leur pouvoir. Ces mots me terrifient et me désespèrent. À cause de tout ça, j’ai déjà pensé plusieurs fois au suicide. Heureusement, mon état psychologique s'est progressivement amélioré cette année. Ces sensations affreuses commencent enfin à s’éloigner de moi et me hantent moins ma nuit.


Pourtant aujourd'hui, je me cache à nouveau dans une pièce et pleure pour quelque chose qui n’en vaut sans doute pas la peine, au moins au regard de la liste de harcèlements que je viens de faire. Aujourd'hui, en rentrant de l'université, le soir, à l'heure de pointe, je me suis retrouvée coincée à l'entrée du wagon de métro, le dos contre la porte dont je tenais la poignée de la main droite. En face de moi, il y avait un homme. Le métro a tourné et ses coudes ont frotté par deux fois ma poitrine. J'ai pensé que c’était peut-être à cause de la foule et qu’il n’avait pas fait exprès. Je lui ai jeté un regard, mais je n'ai rien dit. Il ne s'est pas excusé non plus.


Après un ou deux arrêts, je sentais qu'il se tenait de plus en plus près de moi alors qu’il y avait de moins en moins de monde dans le wagon. Son corps en était presque à se coller au mien. La main avec laquelle il tenait son journal se rapprochait aussi de plus en plus de la mienne. Je me tenais alors un peu sur le côté, vers l'intérieur. Il bougeait en suivant mes mouvements pour rester collé à moi et sa main suivait aussi la mienne. Je lui ai jeté un regard interrogatif et il est devenu soudainement très féroce. Il a dit : "Ah oui!", et il a donné un violent coup sur la porte du métro en disant: "les femmes malheureuses !".


Une jeune femme assise a jeté un coup d’œil dans notre direction et quand elle a rencontré mon regard, elle a rapidement détourné le sien. L'homme qui était débout à côté de cette femme m'a adressé un sourire d’impuissance ; et un autre homme, debout derrière moi, qui avait assisté absolument à toute la scène n’a jamais rien dit. La rame est enfin arrivée à une station et l'homme agressif est enfin descendu… laissant quelques passagers çà et là dans la voiture, comme s’il ne s’était rien passé.


En marchant pour rentrer chez moi, je me suis d’abord sentie mal à l'aise. Le silence des autres vis-à-vis du harcèlement sexuel dans un espace public fermé plein de témoins, alimentait sans arrêt ce malaise. Et puis une grande colère est montée en moi. Cette colère est très intense car je sais qu'elle ne finira jamais. Car ma colère ne s'adresse pas seulement à cet homme, mais à toute la société, à ce monde ! Une grande tristesse m’a submergée. Mon cœur s’est vidé comme ce wagon de métro. Pour les victimes de harcèlement sexuel et d'agression sexuelle, le monde extérieur fonctionne "normalement", mais notre passé nous fait vivre comme dans un rêve - un cauchemar qui ne se termine jamais. Comme si j’étais prise au piège dans cette voiture-ci, dans cette pièce-là… Chaque fois que j'entends les expériences d'autres victimes, les souffrances me rattrapent encore et encore, et je revis une fois de plus le même cauchemar.


Je me suis alors souvenue de l’expérience d’une blogueuse que j’avais lue le matin même. Elle décrivait ce qu’elle portait, un jour où elle a été harcelée sexuellement dans la rue : un manteau épais, une chemise, une jupe longue et des chaussures de running. En passant devant la vitrine d’une banque, je regarde ce que je porte aujourd’hui : une veste en jean noir, une chemise, un pantalon de jogging et des baskets.


« Merde ! Pourquoi dois-je subir tant de harcèlements et supporter tant d’indifférence de la part des autres, tout ça parce que je suis une femme ? » Je marchais toujours vers chez moi et j'ai posté un message sur wechat.


"Tu es harcelée de nouveau ?" "C’est pour ça qu’on doit devenir plus fort.e.s et rendre ces idiots encore plus idiots." Je lis ces commentaires d’ami.e.s en ouvrant la porte de mon appartement. Finalement, je n'ai pas pu m'en empêcher ; je me suis mise à pleurer.

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